Articles 212 et 242 du Code civil : le « divorce alpin » peut-il constituer une faute ?

Publié le : 26/08/2026 26 août août 08 2026

Le mariage fait naître des devoirs réciproques dont la méconnaissance peut être examinée lors d’une procédure de divorce. Popularisée sur les réseaux sociaux, l’expression « divorce alpin » décrit l’abandon volontaire d’un partenaire dans un lieu isolé après une dispute, notamment en montagne, parfois sans eau, équipement, moyen d’orientation ou possibilité de retour. Elle ne correspond toutefois à aucune catégorie juridique autonome.

L’article 212 du Code civil peut-il saisir le « divorce alpin » ?

Une affaire survenue le 11 juillet 2026 dans la Loire illustre ce comportement. Après une dispute, les membres d’un couple sont sortis de leur véhicule. À l’arrivée des gendarmes, le conducteur avait quitté les lieux, laissant sa compagne seule sur la bande d’arrêt d’urgence.

Lorsque les intéressés sont mariés, les circonstances de l’abandon peuvent être confrontées aux obligations matrimoniales. Selon l’article 212 du Code civil, les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance. Le devoir d’assistance traduit une solidarité personnelle et morale, particulièrement importante lorsqu’un conjoint se trouve en difficulté ou exposé à un danger.

L’abandon délibéré d’un époux dans un environnement dangereux pourrait ainsi constituer un manquement à ces obligations. Cette qualification n’est cependant pas automatique. Elle dépend notamment du contexte de la dispute, de l’intention de l’auteur, de la vulnérabilité du conjoint abandonné, du lieu et du risque effectivement encouru.

L’article 242 ouvre-t-il la voie au divorce pour faute ?

L’article 242 du Code civil permet de demander un divorce pour faute lorsque des faits imputables au conjoint constituent une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage et rendent intolérable le maintien de la vie commune. Un épisode qualifié médiatiquement de « divorce alpin » pourrait donc être invoqué devant le juge si sa gravité est suffisante et si les conditions légales sont réunies.

L’affaire autrichienne du Grossglockner souligne les conséquences possibles d’un abandon extrême. En janvier 2025, une femme de 33 ans, moins expérimentée que son compagnon, a été laissée en montagne alors qu’elle était désorientée, épuisée et en hypothermie. Elle a été retrouvée morte le lendemain. Relevant d’un droit étranger, cette affaire ne permet aucune conclusion directe en droit français de la famille, mais illustre la gravité potentielle d’un tel comportement.

Le « divorce alpin » demeure ainsi une expression médiatique. Ses conséquences juridiques doivent être appréciées à partir des règles existantes et des circonstances propres à chaque situation.

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